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Le Bagad de Lann-Bihoué
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Par Chawax.
Le bagad sous Marcel FaureFace au succès croissant du bagad et aux difficultés de recrutement (les membres du bagad ne se recrutaient que sur la base de Lann-Bihoué), la Marine Nationale élargit en 1962 le recrutement à tous les appelés du contingent et charge Polig Montjarret (président de la Bodadeg Ar Sonerien, l’assemblée des sonneurs bretons) de recruter les meilleurs musiciens bretons en âge de faire leur service militaire. A la même époque, le Maître-Principal Roumegou prend sa retraite après près de 10 ans à la tête du bagad et laisse sa place au Maître-Principal Marcel Faure qui, s’il n’a pas de sang breton dans les veines, n’en est pas moins un amoureux de la musique bretonne. Sous sa direction, le bagad va progresser en popularité et parcourir le monde. Il accompagne en particulier le Général De Gaulle au Québec en 1967, où il lancera son fameux « Vive le Québec libre » ! Mais en 1969, l’Amiral Patou, ministre d’Etat chargé de la Défense Nationale, annonce la dissolution (pour des raisons budgétaires ?) du Bagad de Lann-Bihoué ... Sous l’impulsion de Marcel Faure, la Bretagne se mobilise pour sauver son bagad ! Politiques de tous bords, journalistes et amoureux du bagad font pression sur le gouvernement Debré et obtiennent le maintien du bagad de Lann-Bihoué ! Le maître-principal Marcel Faure quitte la tête du bagad en 1973, mais il reste aujourd’hui l’une des grandes figures du bagad, reconnu pour sa grande psychologie, intransigeant sur le jeu de ses musiciens ... mais capable de fermer les yeux quand ses troupes font la fête aux quatre coins du monde (dixit mon père qui a fait partie du bagad dans les années 70) ! Depuis, le bagad n’a cessé de représenter la France et la Marine Nationale (mais aussi, à travers sa musique, la Bretagne) dans le monde entier. Offrant accessoirement l’occasion à des centaines de bretons de découvrir le monde ! Le bagad depuis la fin du service militaire2001 marque un tournant dans l’Histoire du bagad. Avec la fin de la conscription obligatoire se pose la question de l’avenir du bagad de Lann-Bihoué, composé uniquement d’appelés du contingent. Alors que d’autres bagadou militaires vont disparaître à cette époque (comme le Bagad Ti Vougeret, du 41ème régiment d’infanterie de Chateaulin), le bagad de Lann-Bihoué devient professionnel. Les musiciens sont désormais des engagés volontaires, titulaire de contrats d’un an renouvelables jusqu’à leurs 24 ans. Ils suivent une formation militaire traditionnelle au centre de Querqueville (près de Cherbourg), touchent une solde équivalente au SMIC (avantages en nature inclus) et sortent du bagad avec le grade de quartier-maître chef. Autre effet de la conscription : les femmes peuvent désormais intégrer le bagad ! Elles ne portent cependant pas le pompon rouge, mais un bicorne ! Le bagad compte aujourd’hui 35 musiciens. Comme c’est le cas depuis la création du bagad, la majorité d’entre eux jouent dans le civil dans d’autres bagadoù bretons. C’est pour cette raison que lors de la Grande Parade du Festival Interceltique de Lorient, on voit des sonneurs de Lann-Bihoué remonter le défilé pour rejoindre leur bagad et défiler une deuxième fois ! Le Bagad de Lann-Bihoué est très sollicité (encore plus depuis sa professionnalisation) et participe à de très nombreuses manifestations dans le monde entier : concerts, festivals, réceptions officielles, fêtes, défilés, émissions de télévision, ... Il est en particulier très présent lors des spectacles organisés par le Festival Interceltique de Lorient (Nuit Celtique à Paris entre autres) avec lequel il entretient évidemment d’excellents rapports de proximité ! Extrait vidéo d’une Nuit Celtique au Stade de France : |
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