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L’Ecosse en vélo
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Par Chawax. Parcourir l’Ecosse à vélo : c’est l’idée originale qu’a eue Matthieu pour découvrir la patrie de Sean Connery ! 19 jours à pédaler avec son ami Boris, un peu plus de 1 200 kilomètres à travers les paysages désertiques de l’Ecosse, d’Edimbourg jusqu’à Inverness, en passant par Oban, l’île de Mull, l’île de Skye ou Ullapool. Il partage avec nous ses bons et mauvais souvenirs (qui deviennent tous bons avec du recul !) et vous présente en particulier ses amis inséparables : les midges ... Et, pour ceux qui sont tentés par une aventure similaire, il vous donne quelques conseils pour bien organiser votre tour d’Ecosse en vélo.
Mon voyage s’est déroulé du 12 juillet 2006 au 4 août 2006, il a donc duré 23 jours. Pourquoi as-tu eu envie de découvrir l’Ecosse ? J’avais envie de découvrir l’Ecosse parce que c’est une terre mythique, aux allures inhospitalières. Je voulais voir ses vallées glaciaires, ses côtes déchiquetées par les précédentes ères glaciaires et tous ses lochs... En gros, toucher les paysages grandioses et sauvages. Tu as découvert l’Ecosse en vélo ... Peux-tu nous expliquer comment s’organise un tel voyage sur un plan pratique ? Quels sont les avantages et les contraintes d’un tel choix ? Pour organiser un tel voyage, il faut bien prévoir son itinéraire... Un itinéraire pour un trajet minimum à pouvoir réaliser, un itinéraire de base sur lequel on peut apporter des modifications sur place si l’on gagne du temps par rapport à celui-ci, ou s’il en revient au même de passer par ici ou par là. Il faut également prévoir des routes de secours qui recoupent tout si on n’a plus le temps ... car il faut être bien sûr d’arriver au bon moment pour ne pas rater le bateau ! Cela est le plus gros travail d’organisation. Après, c’est une question de matériel et de possibilités offertes par les transports locaux. Les avantages sont que l’ont profite bien plus des paysages, libre de s’arrêter où l’on veut très facilement (sur les single track road, c’est très pratique... Quand on voit le nombres de touristes qui trouvent ça dommage de ne pas pouvoir se garer pour profiter ;-)) On est en permanence en contact avec la nature et on a le temps de bien l’admirer, cela même sans s’arrêter. C’est aussi très facile de faire du camping sauvage car la tente et les vélos prennent très peu de place, on peut ainsi se faufiler presque partout. D’ailleurs, dans les campings pleins, on allait quand même voir le propriétaire, et celui-ci au départ récalcitrant, trouvait de la place dès qu’on lui disait que c’était pour une tente igloo avec 2 vélos ! Un autre avantage est qu’on est constamment à l’air et je peux vous dire que le vent que le vélo procure soulage fortement les piqûres des midges !!! Puis ça fait du bien de faire un peu de sport ;-) Et enfin, comme nous sommes jeunes, ça nous permet de faire un saut dans l’art de la débrouille et de l’anticipation !!
Quel a été ton itinéraire ? En vélo jusqu’à la gare d’Ottignies (à 30km de Bruxelles), l’occasion de se rendre compte que le vélo avec des fontes bien remplies, c’est beaucoup moins stable que le vélo tout court ! Train d’Ottignies jusqu’à Zeebrugges, puis 12 heures de bateau pour Kingston-upon-Hull, ensuite train jusqu’à Edimbourg. Le grand tour à vélo commence ... Traversée de Edimbourg. Pas facile lorsqu’il faut s’habituer pour la première fois à rouler à gauche et que l’on a déjà pas l’habitude de faire du vélo dans les grandes villes ! Mais avec la boussole, on s’en sort ^^ Nuit près de l’aéroport dans un camping. Traversée du Firth of Forth sur son fameux pont. Puis direct jusqu’à Callander (en se perdant plus ou moins aux environs de Stirling car pas d’indication sur le raccourci qu’on voulait prendre et qu’on a finalement trouvé). Nuit dans un camping. Notre premier loch après Pass of Leny. On continue par l’A85 jusqu’au Kilchum Castle où l’on dort dans les environs sur une route secondaire au bord du Glen Strae en camping sauvage, un très bon endroit, très bon souvenir.
On repart ensuite et on emprunte la A 884 (où l’on rencontrera le vieillard qui nous encourage pour la montée un peu après Lochaline). On dîne à Strontian, on longe le loch Stuart, et on dort après avoir mangé à un fish and chips (au lieu du traditionnel riz ou des traditionnelles pâtes), après avoir eu des difficultés à trouvé un endroit tranquille. Dans la foulée de la recherche, un petit accident : le support d’une des fonte de mon collègue qui casse suite à un choc avec un truc qui sortait d’une clôture, réparation avec cordes ... tout ça après avoir cru trouvé le bon endroit. Mais malheureusement, un mouton mort gisait par terre, ce qui nous a incité à aller voir ailleurs ! On se résigne finalement à un endroit pas confortable du tout, mais à l’apparence tranquille, près de Dalnabreck.
Ensuite, on rejoint Plockton sur le "continent" après avoir longuement hésité si l’on allait à Elgol, nous n’irons donc pas. A Plockton, un type très sympa, voyant qu’on cherchait un lieu pour dormir, nous a conduit à un endroit où mettre la tente ... C’était superbe, un peu en arrière de Plockton, au sommet d’une falaise qui s’élevait au dessus d’un petit bras du Loch Carron. Magique. Cet endroit (sans midges) nous a motivé, le soir venu, à aller boire une petite bière dans un des pubs du village. Nuit sans encombres. Suite le long du Loch Carron, passage à Lochcarron, à Tornapress, on prend la A 896 et on dort à Shieldaig dans une aire aménagée pour le camping, mais gratuite. Magnifique coucher de soleil ... jusqu’au moment où les midges nous obligent à nous enfermer (on contemplait le coucher en jouant aux cartes dans la tente, très chouette). Le lendemain on roule vers Torridon, on y dîne, on continue vers le Loch Maree, on le longe et on rejoint Gairloch. Là on achète pour le soir et on roule en direction du super grand camping quelques km plus loin sur la B8021 ... Sur la plage et tout, très beau. Sur le chemin, on croise un joueur de cornemuse, ce qui était impressionnant, c’est qu’on l’entendait bien avant de le voir, genre 1 km, et qu’on l’entendait encore bien après l’avoir croisé. Dans le camping, il y avait des appareils "bouffeurs" de midges (qui fonctionnent pas super bien je dois dire, pour le prix que ça coûte).
La suite, c’est le retour vers Inverness pour y prendre le train afin de retourner à Edimbourg. On fera ce trajet en 2 jours, avec nuit à Contin, sur le bord de la Black Water. On parviendra donc à Inverness le lendemain ... On disposera de plusieurs jours pour se détendre. Quel choc lorsqu’on retrouve une vraie civilisation avec centre commercial et tout le tralala ! Je dois dire que ça faisait du bien après 3 semaines coupés de toutes ces choses là. On essaiera d’atteindre le Loch Ness, mais on abandonnera car à la fin, c’était la drache nationale (pluie très forte) avec des supers grosses gouttes. On essaiera par des chemins, mais lorsque ceux-ci nous obligeront à poursuivre sur la route super fréquentée (touristes obligent), on sera découragé à cause du bruit et des éclaboussures, et on fera donc demi-tour pour retourner au camping.
Heureusement, dans le nord, la nuit en été ne dure pas bien longtemps et il faisait déjà clair à 4h30, on retourne donc à la gare pour voir s’il elle est rouverte, et elle l’est, on passe donc le reste de l’attente à nouveau installé dans le hall. On prend ensuite le train, on y dormira tout le trajet ... Suite à la nuit blanche, quoi de plus normal ? On retrouve la gare de Hull. Ca fait super bizarre de se retrouver au point de départ, point où l’on a d’abord connu l’excitation et la crainte du voyage et où l’on connaît ensuite le sentiment de fin de voyage, objectifs atteints et tout ça. On arrive au port de Hull, on a encore quelques heures à attendre qui passent bien vite ... Arrivés sur le bateau, on ne tarde pas à rejoindre nos cabines pour y dormir. On se réveillera alors que le haut parleur demande aux véhicules de ne pas encore avancer ! Complètement à la bourre, on se grouille à fond et on parvient à retrouver nos vélos avant que le flot des véhicules n’aie commencé à bouger. On arrive donc en Belgique, mon pays ... Direct, on va dans une boulangerie, on y achète des croissants, et on profite de la bonne bouffe belge (même si ce n’est que celle du matin). Pour le trajet de train, on achète des bons spéculoos .... Aaaah que ça fait du bien, le retour au pays !!! On retrouve ensuite les parents à la gare d’Ottignies ... Et voilà, voyage accompli.
Alors, on a eu l’occasion de côtoyer des Ecossais, oui, mais pas super souvent. Par exemple, lorsqu’on se reposait une fois, après une montée, et bien, un vieillard a commencé à nous parler et à nous encourager, ce fut très sympathique. Ou alors lorsqu’on demandait si on pouvait dormir ici ou là... On n’a jamais eu de mauvais rapports avec un Ecossais, mais on n’en a pas eu très souvent. Par contre, on a vu plus de cyclistes que l’on ne pensait en voir, et c’était également assez sympa de parler avec eux. Qu’as-tu aimé en Ecosse ? Et que n’as tu n’a pas aimé ? Alors, l’Ecosse ... C’est vraiment formidable ! Paysages fascinants, sauvages. Mais ces foutus midges ... Rhaaaa ... La pluie ? Comme je le disais, parfois fatigante, mais elle fait partie de l’Ecosse, et elle lui donne également la grandeur de ses paysages, je suis donc plutôt triste que l’on en ait pas eu plus ... Ca parait bizarre ? Mais non, je suis Belge !! Ne pas l’oublier ;-) !! En gros, donc, ce qu’on a aimé, c’est cette grande impression de liberté, cette liaison avec la nature, vraiment formidable et cette aventure que tout ce mélange procure ! Dans ce qu’on n’a pas aimé, et bien, les midges, mais comme je le disais, ils procurent par la suite leurs lots de bons souvenirs^^ C’est juste très emmerdant sur le moment, ça c’est clair !!!! Un grand merci à Matthieu pour son récit passionnant et ses quelques photos. |
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