Histoire des bagadoù

Bagad Melinerion (bagad de Vannes)

4 réponses

  1. Aodren Furic dit :

    Hello,

    Les bagadou sont en effet assez récent dans le paysage breton. Aujourd’hui incontournable, ils se représentent en public à de nombreuses manifestations (notamment le Festival Interceltique de Lorient). Si vous voulez, vous pouvez vivre ou revivre les prestations des bagadou au festival en suivant ce lien 😉 -> http://video-bagad.xyz/

  2. Darras Hélène dit :

    Bonjour,

    Je suis actuellement occupée de faire un devoir sur les bagadoù. La question de notre professeur est : « Pourquoi ne peut-on considérer le bagad comme un orchestre « traditionnel » ? ». Après de nombreuses recherches sur internet, je n’arrive pas à trouver la réponse à cette question. Peut-être pouvez-vous m’éclairer s’il vous plaît?
    J’ai quelques pistes mais je ne sais pas si cela est pertinent : le bagad reprend le modèle des fanfares et pipe bands ; il est dirigé par un penn-soner (qui lui aussi joue d’un instrument).

    Merci d’avance

    • chawax dit :

      Si par orchestre « traditionnel » on entend orchestre symphonique, les principales différences que je vois concernent :

      • les instruments : dans un bagad il y a au moins des cornemuses, des bombardes et des caisses claires
      • les airs joués : ce sont des airs traditionnels bretons dans le cas d’un bagad, de la musique classique dans le cas d’un orchestre symphonique

      Et effectivement le penn-soner, qui est un peu le chef d’orchestre, joue également (même si ce n’est pas systématique il me semble). Et l’inspiration du bagad est bien le pipe-band écossais. En fait un bagad est très proche d’un pipe-band (cornemuses, caisses claires, airs traditionnels), mais pour le bagad on a ajouté la la bombarde comme instrument.

      J’espère que ça vous aidera 😉

    • Sonerion dit :

      A l’origine, portés par la conscience d’une identité forte, des Bretons de Paris créent la «Confrérie des biniouistes» en 1932, Kenvreuriez ar Viniouerien en Breton, KAV en abrégé, d’où son nom. Sous l’impulsion d’Hervé Le Menn, ils relancent le mouvement des sonneurs bombarde-binioù. Quand cet ensemble de musiciens se met à pratiquer un jeu collectif inspiré des pipe-bands, le renouveau de la musique bretonne est engagé. La seconde guerre mondiale met en sommeil l’idée de création d’une antenne en Bretagne. Dorig Le Voyer mettra pourtant sur pied à partir de 1942, avec l’aide de Polig Monjarret, Robert Marie, Efflam Kuven, René Tanguy et Iffig Hamon, ce qui deviendra Bodadeg ar Sonerion (BAS). Le groupe déterre des trésors issus d’un patrimoine musical séculaire, entretenu jusqu’au début du XXe siècle où il commence à tomber dans l’oubli. Il se produit en concert au Théâtre de Rennes en 1943. Les statuts officiels de l’association sont déposés à la préfecture de Rennes en février 1946. De là partait une extraordinaire aventure, celle de Sonerion. Objectif : constituer un couple de sonneurs par canton breton. Un an plus tard, BAS compte 300 adhérents et le premier bagad (alors appelé « clique ») voit le jour en 1948. Ils sont 10.000 sonneurs en 2017, individuels ou adhérents de 130 associations portant 150 bagad, dont plusieurs hors de Bretagne (jusqu’à New York et la Guadeloupe). L’assemblée des sonneurs s’affiche aujourd’hui sous un nom de marque : Sonerion. Aux répertoires traditionnels, s’ajoutent de nouvelles tonalités ; la formation de parade devient aussi un ensemble de concert ; aux pupitres traditionnels des bagadoù, s’ajoutent de nouveaux instruments. Sonerion veut non seulement transmettre le patrimoine musical breton, notamment par sa diffusion et la formation, mais aussi favoriser et mettre en valeur la foisonnante création des groupes. Récit d’une épopée qui n’est pas sans incidence sur l’évolution de la musique bretonne, jusque dans la conception des instruments et les échelles de tonalités.
      Extrait du magazine Ar Soner 398 – Janiver 2018

      Les Bretons de Paris Pour parler de Bodadeg ar Sonerion (BAS), il faut commencer par parler des Bretons émigrés en région parisienne, de la fondation de la KAV, Kenvreuriez ar Viniouerien, la confrérie des biniouistes en traduction littérale, à Paris, en 1932. Il y avait un sentiment très fort chez les Bretons d’une perte d’identité liée à l’influence néfaste de la 3e République jacobine. Les hussards noirs de la République, autre nom des instituteurs, avaient pour mission, donnée par leur ministère, d’éradiquer tout ce qui était un fait breton, la langue et, en conséquence, tout ce qui pouvait s’y rattacher : le chant, la musique, la danse, les us et coutumes… Une méthode qui fonctionne : à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, elle impulse aux Bretons la honte de leur pays et de leur patrimoine.

      Cette prise de conscience de perte identitaire naît d’abord chez les Bretons de Paris. Ils sont presque un million à avoir émigré de la Bretagne à la capitale et sa région, à la recherche d’un travail pour vivre plus décemment. « Un million, c’est le chiffre qu’on donnait il y a quelques décennies sur la population bretonne vivant à Paris, commente Bob Haslé. Je pense qu’au milieu du XXe siècle, elle était plus proche des 500.000 à 600.000 personnes, avec de très fortes implantations dans certaines zones et surtout une recherche – comme c’est normal chez une population émigrée – de regroupement pour vivre ses propres traditions, sans pour cela que ce soit du communautarisme, et de maintien de cette identité, faisant en sorte que se pérennise la musique et la danse. à travers ces regroupements, se monte une « fédération » entre guillements, une association KAV dont Hervé Le Menn et Dorig Le Voyer sont à l’origine. Ce sont eux qui créeront plus tard Bodadeg ar Sonerion (BAS) ».

      Dès lors, on assiste à un fourmillement à Paris, avec la création d’une première formule collective, un embryon de bagad initié par des musiciens pour mieux se faire entendre et s’épauler. « Une photo sur les marches du Trocadéro à Paris en 1932 montre un ensemble de binioù kozh, de bombardes et quelques cornemuses écossaises, quelques binioù bras, dira-t-on, qui jouent ensemble. Le résultat ne devait pas être extraordinaire sur le plan sonore et en matière de justesse, sachant que chacun avait sa gamme et ses hauteurs de diapason. Mais les musiciens avaient ce besoin de jouer ensemble, de se regrouper, de faire en sorte que leur musique s’entende ». Et déjà apparaît l’idée de créer une antenne de la KAV en Bretagne. « Dorig le Voyer me l’avait dit. Malheureusement, elle ne verra pas le jour ». Extrait Ar Soner 398 – Interview de Bob Haslé, président de Sonerion 35, ancien président de la Fédération nationale Sonerion.

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